Transport terrestre · l’ANOR signe une convention avec le GTTC pour freiner l’entrée des marchandises non conformes

(EcoFinances.Net) – Amendes, immobilisations, pertes financières : sur les routes, les transporteurs terrestres paient souvent le prix fort de la circulation des marchandises non conformes. Chaque année, plus de 12 millions de tonnes de marchandises entrent au Cameroun par voie terrestre, représentant près de 40 % des flux commerciaux. Or, selon l’ANOR (Agence des normes et de la qualité), près de 40 % de ces cargaisons échappent encore aux contrôles de conformité. Pour répondre à cette problématique, le Groupement des Transporteurs Terrestres du Cameroun (GTTC) et l’Agence des Normes et de la Qualité (ANOR) ont signé ce lundi 9 février 2026 à Douala une convention de partenariat. L’accord vise à réduire la circulation des produits non conformes, protéger les professionnels et renforcer la confiance dans les corridors Douala–Ndjamena et Douala–Bangui.

Moins de sanctions, plus de prévention

La rencontre, co-présidée par Chantal Andely, Directrice générale de l’ANOR, et Ibrahima Yaya, Président du GTTC, marque un tournant. L’idée est de passer d’une logique de sanctions automatiques à une approche de prévention et de responsabilité partagée. Pour le GTTC, l’objectif est clair : mieux encadrer le métier de transporteur, renforcer l’information des acteurs et réduire les pertes liées aux marchandises non conformes. « Le GTTC ne peut rester en retrait dans cette lutte. La convention permettra d’apporter une contribution réelle à l’assainissement du marché national », a déclaré Ibrahima Yaya.

Absence d’harmonisation des normes

Le problème dépasse les frontières nationales. En Afrique centrale, l’absence d’harmonisation des normes fragilise le secteur et complique les échanges. Les corridors Douala–Ndjamena et Douala–Bangui, par lesquels transitent chaque année des millions de tonnes de marchandises, restent exposés à la porosité des frontières et aux contournements. Selon Danielle Ndongo, Directrice de l’évaluation de la conformité à l’ANOR, « près de 40 % des marchandises qui entrent au Cameroun par voie terrestre échappent encore aux contrôles ». La convention avec le GTTC vient ainsi renforcer le Programme d’évaluation de la conformité avant embarquement (PECAE), déjà opérationnel pour les voies maritimes et aériennes. Désormais, les transporteurs seront réorientés vers les partenaires techniques (Intertek, SGS,TUV Rheinland) pour obtenir un certificat de conformité avant de prendre la route.

Vers une gouvernance plus crédible

Pour l’ANOR, l’enjeu est double : protéger les consommateurs et sécuriser les recettes de l’État. Les contrôles renforcés permettront de réduire l’entrée de produits contrefaits ou dangereux, tout en fluidifiant les échanges grâce à une meilleure anticipation. « Ce ne sera pas une tracasserie de plus », assure Danielle Ndongo. « Au contraire, disposer d’un certificat de conformité facilitera le passage aux frontières et réduira les contrôles multiples. » Les transporteurs attendent désormais des effets concrets : moins de pertes financières, une meilleure compétitivité et une reconnaissance accrue de leur rôle dans la chaîne logistique nationale.

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